Annuaire-Musique :
Bonjour Guillaume, si je te demande ce qui tu as en tête là maintenant, tu réponds quoi ?
Bonjour. Euh… Ce que j’ai en tête, d’abord c’est du vide parce que je viens de faire une longue séance d’enregistrement, et je crois que j’ai du un peu trop forcé sur la voix. Donc ouais, du vide. Sinon, ce que j’ai en tête régulièrement ces derniers jours, c’est le livre sur lequel je travaille, « American Way Of Life ». Et aussi cette terrible envie d’achever au plus vite mon prochain disque. Ça, bien sûr, c’est des sujets qui me reviennent souvent à l’esprit. Ah oui, et puis Kill Bill, qu’il me tarde de voir…
Annuaire-Musique :
Bon, allons-y. Tu as commencé la pratique de la musique à quel âge ? Et par quel instrument ?
Liah project :
Très tôt. Aux alentours de 3 ou 4 ans. De l’initiation musicale. Du solfège, des percussions. Et puis du violon quelques années. Et la guitare ensuite. Mais en fait, le plus formateur, je crois, ça a été d’écouter très tôt de la musique, et à… comment dire… à fortes doses. Des choses variées. Classique, rock, jazz, expérimental, tout ça…
Annuaire-Musique :
Ok. Dis-moi, si tu devais définir ton rapport au monde, tu emploierais quels mots ?
Liah project :
Ouh là… Putain, c’est pas évident… En fait, je crois que ce qui me définirait le mieux, ce serait peut-être le terme « observateur ». Parce que ça implique une distance, et une sorte d’enregistrement obligatoire, et une interprétation, et une envie de comprendre… Donc voilà. « Observateur »… C’est quand même pas facile comme question. C’est peut-être pas à moi d’y répondre non plus.
Annuaire-Musique :
Tu fais du cinéma, des romans, de la musique, tu chantes, tu dessines, tu prévois autre chose ? :)
Liah project :
Le cinéma, c’est en cours… Bon, le cinéma, c’est un domaine où il faut pas être trop pressé, mais ça semble enfin pointer le bout de son nez… Pour tout le reste, je sais pas, c’est pour éviter de m’ennuyer je suppose, et pour me renouveler aussi. Tenter des choses différentes. Ne pas rester statique. Tiens, j’aimerais faire un album de photographies aussi… Tant que j’ai des idées, j’en profite, je les exploite. C’est normal… Mais bon, tout ça, pour moi, c’est vraiment le même travail. Le rapport est le même. Comme je te disais, c’est de l’observation avant tout.
Annuaire-Musique :
Quel genre d'ambition as-tu ?
Liah project :
Là, maintenant, je peux pas trop te dire. Pour le moment, j’ai juste envie de faire des projets que l’on n’a pas l’habitude de voir, ou d’écouter, ou de lire. À proprement parler, c’est pas une ambition de « réussite pure », enfin disons, il n’y a pas de rapport avec un succès commercial ou critique, ni avec une recherche d’estime qui soit, euh… unidirectionnelle. C’est pas du tout ça. C’est plus : avoir l’impression de proposer quelque chose de spécifique. C’est une vraie ambition, tu vois là je m’en rends compte, et c’est sûrement prétentieux comme démarche, j’en suis conscient. Mais c’est ce qui me motive, je peux pas dire le contraire. Et finalement, je me fiche de savoir si je réussis ou pas, je veux dire, à être spécifique. Quand un projet est terminé, même si j’y ai mis toute mon énergie, je passe à un ou plusieurs autres. Je n’attends pas de retour. Même si - je ne te le cache pas - je suis ravi quand les gens apprécient. J’essaie aussi de ne pas faire des choses inaccessibles, et qui soient incompréhensibles avec ou sans décodeur. L’art contemporain, par exemple, m’emmerde assez pour ça. Je préfère qu’on me dise « je n’aime pas » plutôt que « j’ai rien compris ». Donc voilà, mon ambition, c’est d’offrir quelque chose à propos de quoi on puisse dire « c’est unique, et j’aime parce que bla bla bla » ou « c’est unique, et je n’aime pas parce que bla bla bla ». Je ne m’impose néanmoins aucun compromis.
Annuaire-Musique :
Un peu de promo maintenant. Worship scraped, ton troisième album, vient tout juste de sortir. Qu'en penses-tu et as-tu déjà des échos ?
Liah project :
Ce que j’en pense, c’est que j’ai fait de gros progrès depuis le précédent, même si les deux albums ne se ressemblent pas et que formellement, c’est pas vraiment comparable. Worship Scraped est moins torturé. Il est plus aérien. Et plus « professionnel ». Mais on a toujours des regrets, surtout quand on travaille sur un nouveau disque, ce qui est le cas pour moi maintenant. Travailler sur un nouveau disque, c’est assassiner le précédent. C’est ce que je te disais plus tôt : je suis passé à autre chose.
Je reste quand même connecté, et je suis à l’écoute de toutes les réactions. Jusqu’aujourd’hui, tout ce que j’ai entendu est éblouissant. Je ne témoignerai pas de ça ici parce que je trouve que c’est délicat à transmettre. Cela dit, le plus souvent les auditeurs semblent vraiment, vraiment enchantés. Beaucoup adorent les 21 minutes du morceau Interpassive Neuro Activity.
Annuaire-Musique :
Tu peux nous parler brièvement de ton prochain roman ?
Liah project :
Brièvement alors, parce que je n’ai pas encore terminé, et que tout n’est donc pas encore « définitif ». C’est un gros projet, dans un genre difficile à définir, et sur un sujet qui devrait beaucoup surprendre. Là, aujourd’hui, j’ai rédigé à peu près la moitié du manuscrit, et j’aimerais finir au début de l’année prochaine. Le titre, c’est « American Way Of Life ». C’est un livre pas évident à écrire.
Annuaire-Musique :
Pour conclure, quels sont tes projets pour l’année 2004 ?
Liah project :
Alors je vais faire ça cliniquement. Si tout se passe bien, il devrait y avoir : Un album (The Mediation Project 2 – Mankind), un autre album si j’ai le temps (The Mediation Project 3 – Injections), un livre donc (American Way Of Life), le lancement d’une série romanesque (Les Pieds dans le Styx) et pas mal de projets audiovisuels avec une jeune boîte de production qui devrait faire parler d’elle : Lexander Corp. On tourne un court métrage en février (Colonial Boy), on développe une série tv (Peels), et ils vont faire pleins d’autres choses, du cinéma, de la télé. Vivement.