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Annuaire-Musique : Hello Gilles. Dis nous comment tu as débuté? Gilles Simonet : J'ai commencé le piano à 7ans au conservatoire, et j'en ai pris pour 8 ans fermes. A l'époque je trouvais l'apprentissage de la musique très rébarbatif et j'étudiais sans grande conviction. Ce n'est qu'à l'adolescence que la passion s'est révélée, avec la découverte du hard rock,style pas très pianistique d'ailleurs ! De là, j'ai retrouvé le plaisir de jouer et la pratique des groupes m'a vraiment fait avancer techniquement, même si mon ouverture musicale de l'époque restait assez limitée. Annuaire-Musique : Quelles ont été les rencontres marquantes? Gilles Simonet : Vers l'âge de 17 ans, je me suis mis à la programmation de synthés et je fréquentais un magasin de musique près de chez moi que je squattais en permanence. Le patron, José Machado, après m'avoir vu jouer, m'a présenté à l'importateur des synthés Ensoniq pour des démos, et c'est grâce à lui que j'ai pu placer mes premières banques de sons pour la société allemande Ubershaal ( sur D50 Roland). En 89, un ami me présente le compositeur Jean Daniel Mercier à qui l'on doit la moitié des musiques de dessins animés japonais diffusés en France, la carrière de Chantal Goya , d'Antoine, et j'en passe... Bref, un vieux routier du métier, avec qui le feeling passe tout de suite ; il me fait faire ma première séance de studio comme programmateur synthés pour la revue du Paradis Latin" Viva Paradis". Il a beaucoup compté pour moi, humainement et professionnellement ; lorsque vers 22 ans j'ai commmencé à écrire mes premières chansons, il m' a tout de suite épaulé, me faisant recontrer Jean-Marc Hauser, le collaborateur de Laurent Voulzy, ou encore Jean-Pierre Lang, vice-président de la Sacem. Dans les années 90, Thierry Ledesma, alors DJ de La Scala, m'initie au son dancefloor, de la funk à l'euro-dance tout y passe, et nous sortirons 2 singles chez WMD ensemble. Enfin,il y aura Richard Sanderson, le chanteur de "la Boum" devenu un ami lui aussi, avec qui je travaille régulièrement sur différents projets. Annuaire-Musique : Tes plus beaux souvenirs de musicien? Gilles Simonet : Ce qui me vient immédiatement à l'esprit,c'est ma première séance en studio,JD Mercier était au pupitre pour diriger 80 musiciens avant de passer aux prises synthés. J'étais à la fois emerveillé et liquéfié ! La deuxième image sera celle de Steeve Bronsky de Bronsky beat, premier client à franchir la porte du studio( minuscule) que nous avions monté avec Pierre Nasry, 2 jours de pression façon Karcher( !!!!) mais expérience enrichissante. Annuaire-Musique : Une annecdote particulière? J'en ai une croustillante qui a de quoi dégoûter les djeunz qui envoient leurs demos par la poste. Nous sommes début 90 dans le bureau d'un DA de Polydor( on peut les citer, il y a prescription). Ce dernier rentre du resto vers 15h30 après un repas arrosé et propose un jeu : Il place la corbeille à papier au centre de la pièce, se saisit de quelques k7, en distribue aux participants, et fait reculer tout le monde de quelques pas. Enfin, il annonçe la règle du jeu : "Celles qui tombent dans la poubelle, on les écoute"( !!!!!) Comme quoi, l' industrie du disque n' a pas attendu Star Ac pour se foutre des artistes. A méditer. Annuaire-Musique : Quel équipement utilises-tu aujourd'hui? Gilles Simonet : Je travaille de plus en plus en virtuel sur des outils comme cubase sx, pro tools ou samplitude que j'affectionne particulièrement.Depuis peu j' ai remplacé la plupart de mes racks synthés par des VSTI et j'y ai plutôt gagné en qualité, même si cette façon de travailler suppose un effort d'adaptation. Néanmoins, je demeure fidèle à l'analogique pour les préamps et le mix car les solutions "tout informatique" ne m'ont pas encore convaincu du point de vue du "gras" du son. Annuaire-Musique : Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui débute? Tout d'abord, d'être lui-même sans se préoccuper des contraintes liées au formatage média. Je suis intimement persuadé que la compromission ou l'opportunisme ne paient pas sur le long terme et de plus, comment sortir de la masse si l'on se cantonne à cloner les vedettes du top 50 ? Il existe heureusement d'autres tribunes pour s'exprimer que les prime times, je pense aux concerts ou à l'Internet qui demeurent des espaces de liberté artistique. N'oublions pas que le filtrage de beaucoup de majors repose sur des critères qui élimineraient d'entrée Brel, Brassens, Piaf... Je ne suis ni passéiste ni particulièrement fan de chanson française, mais ça me fait froid dans le dos de constater que dans le même temps Laury vend des centaine de milliers de disques ! Annuaire-Musique : Quels sont tes projets actuellement? Gilles Simonet : Nous avons réalisé avec Richard Sanderson un CD pour le compte des pompiers français,avec le soutien du téléthon et de l'AFM dont les recettes seront reversées aux associations partenaires. Toujours avec lui, un album de reprises pour une major, titre provisoire : Les plus grands slows du cinema sera mixé dans les semaine à venir (sortie début 2004). Enfin, je travaille à la réalisation d'un maxi avec le rappeur "Le Baron" dont j'apprécie la personnalité . Annuaire-Musique : Un petit mot de conclusion? Gilles Simonet : Longue vie à votre site et gardez la pêche, on rique d' en avoir besoin ! Annuaire-Musique : Merci à toi :o) | ![]() |